Les machos des préaux
1er janvier 2010
Cliquez ici pour visionner le reportage réalisé par Zone interdite
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C'est l'alarme dans les préaux : sous l'influence du rap et du porno, les ados jouent les machos et perdent le cap. De jeunes filles mineures sont violées par leurs camarades de classe, d'autres acceptent naïvement de servir d'esclaves sexuelles ou voient leurs photos intimes livrées en pâture sur internet. Du petit macho et des gros mots à la violence sexuelle qui finit au tribunal, filles et garçons, victimes et bourreaux témoignent.
Entre ados on se parle mal. Et ce qui est plus inquiétant, on se fait du mal. Le langage est le terreau de comportements violents qui vont des coups aux abus sexuels. Le gros mot est devenu la règle et on a plutôt l'insulte que le mot gentil à la bouche. Mais ce qui est plus inquiétant, c'est que la violence du langage légitime la violence tout court, notamment vis-à-vis des filles.
Après des années de lutte féministe, la pub, les magazines pour ados et les clips encouragent l'érotisation précoce des filles. Une image renforcée par un certain mouvement du rap dont un chanteur comme Booba - un poids lourd du rap français - qui parle d'argent, de belles voitures, de sexe et de filles comme de simples objets que l'on prend et que l'on jette. Une image apparemment très ancrée chez certains garçons et, hélas, certaines filles qui acceptent le contrôle et les violences de leurs petits copains.
Le sexe est partout, sur les affiches publicitaires, dans les magazines et dans les films aux heures de grande écoute. Et plus besoin de se cacher pour lire un magazine érotique : le porno est accessible à tous, en DVD ou sur internet, le lieu de prédilection des ados. Dans un tel contexte, la norme change.