Sexualité et cancer - Lever les tabous
10 octobre 2009
Chacun a le droit à une sexualité épanouie. Seulement, il arrive que certaines choses de
la vie interfèrent avec celle-ci et la rende moins accessible. Surmonter les difficultés et ten-
dre à retrouver des relations sexuelles harmonieuses lorsque l'on souffre d'un cancer n'est pas chose évidente. Guérir n'est pas tout, il faut pouvoir retrouver sa vie. A cet effet, un congrès sur la sexualité des personnes souffrant de cancer a eu lieu à Strasbourg les jeudi 20 et vendredi 21 décembre 2007. Cet évènement a mis en avant les complications sexuelles que peut apporter un cancer, tant au malade qu'à la personne partageant sa vie. Car il s'avère qu'une personne atteinte de cette maladie peut voir sa sexualité modifiée, voire réduite à néant. Certains cancers comme celui du sein, du col de l'utérus, des ovaires pour les femmes ou de la prostate, de la vésicule et des testicules pour les hommes sont à l'origine de la dégradation de la vie sexuelle des patients.
Les traitements, radiothérapie (traitement local de la tumeur par rayons ionisants), hormonothérapie (traitement hormonal pour certains cancers comme celui du sein) ou chimiothérapie (traitement général du cancer à l'aide de médicaments), peuvent également diminuer les envies sexuelles des patients ou de leurs partenaires. Les causes citées sont multiples allant de la crainte de blesser ou d'avoir mal à une fatigue extrême.
La chimiothérapie elle-même provoque parfois une irritation des muqueuses qui peut rendre les rapports sexuels douloureux. Souvent accompagnée de nausées et de vomissements, elle peut être l'effet déclencheur d'une baisse de libido pour le patient. Le partenaire peut également ressentir une baisse de désir due à l'anxiété, à la peur de faire mal, au stress ou à la tristesse. Les modifications physiques (ablation d'un sein, chute de cheveux) peuvent également être un facteur déclencheur. La confiance en soi est anéantie, la maladie engendrant souvent une baisse de l'estime de soi. Les femmes craignent de ne plus être désirables, les hommes eux, de ne plus être performants. Or selon une étude, sur 100 patients, seulement la moitié révèlent avoir parlé de ses problèmes à son conjoint. Seulement 14% en ont parlé à un soignant.